Depuis plus de 50 ans de règne de la famille Gnassingbé et son clan sur le Togo comme si c’est leur propriété privée, des bavures, tortures, traitements inhumains et dégradants, arrestations et emprisonnements arbitraires, disparitions, empoisonnements, assassinats, tueries et autres sont irriguées contre la population sans impunité et sans justice. En ce 21e siècle, ce clan despote continu les mêmes façons de faire dans le seul but de perpétuer le pouvoir du père au fils. Bien que le peuple en a marre de ce régime dictatorial, et n’aspire que l’alternance et la démocratie, ce sont des crimes que subit ce dernier.
Pour réclamer son droit au retour de la Constitution de 1992 votée à plus de 97% et le vote de la diaspora, le 19 août 2017 une marche pacifique à eu lieu sur toute l’étendue du territoire et à l’étranger. Contre toute attente, les marches ont été sauvagement réprimées par les militaires et les miliciens à la solde d’une famille au détriment de tout le peuple. Il y a eu des arrestations, des milliers de blessés, des morts et des exilés.
Eh bien ! On dénombre plusieurs morts dans la répression barbares et sauvages des marches pacifiques depuis le 19 août 2017.
Au journal La Nouvelle, nous vous présentons à peu près ce qui sait passer à Sokodé, Bafilo et Kara depuis le début des manifestations dans le pays. Il n’y pas seulement dans les trois villes qu’il y a ces traitements inhumains et dégradants, mais c’est sur toute l’étendue du territoire.

Les victimes de Sokodé :
1. DECEDES A SOKODE
19 août 2017 :
Bastou OURO-KEFIA, élève à Kparatawo, le village d’origine d’Atchadam TIKPI dont il est également originaire, tué par plusieurs balles tirées en pleine tête par des gendarmes lors de la Grande marche pacifique appelée par le PNP pour obtenir le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora, le 19 août 2017.
Il faisait partie d’un groupe de jeunes qui, venus de Kparatao pour participer à la marche pacifique à Sokodé, avaient décidé de se rendre à la Préfecture au quartier administratif KOMAH.
Face au blocage de la gendarmerie qui encadrait la manifestation ce jour-là, une vive confrontation eut lieu au cours de laquelle, ne pouvant pas contenir la foule déchainée, les éléments de la gendarmerie ont tiré à balles réelles sur les manifestants, faisant 2 morts et plusieurs blessés graves.
Mamadou Afissou SIBABI, conducteur de taxi-moto à Kparatao d’où il est venu prendre part à la marche pacifique à Sokodé, tué par les gendarmes, par balles tirées en pleine figure, entre les deux yeux, lors de la Grande marche pacifique appelée par le PNP pour obtenir le retour à la Constitution de 1992 et le vote de la diaspora, le 19 août 2017

16 octobre 2017 :
Yérima IKILILOU, tué par balles par des militaires de l’armée togolaise lors de la répression de la manifestation spontanée protestant contre l’arrestation de l’Imam Allassane DJOBO.
Arafat AGORO, tué par balles par les forces de l’ordre lors de la manifestation spontanée de protestation contre l’arrestation de l’Imam Mohamed Alassani DJOBO.
19 octobre 2017 :
Issifou BOUCOUBONGOU, menuisier à Lama-Tessi, décédé des suites de ses blessures par balles tirées à la tête au quartier Tchogbala (Kpalo-Kpalo) lors de la répression, par les forces de l’ordre, de la marche pacifique appelée par le PNP et les partis de l’opposition togolaise.
21 octobre 2017 :
Moutaka Naboudjo AKONDO, enseignant à l’EPP Koumoniadè, résidant au quartier Kuwawu Woro de Sokodé, décédé des suites des graves blessures qui lui ont été faites lors de son passage à tabac, à coups de bâton administrés par des militaires des Forces armées togolaises (FAT), à l’occasion de la répression de la manifestation spontanée contre l’arrestation de l’imam Alassani DJOBO.
N’TCHOMLA, professeur d’allemand au Lycée de Tchawanda, décédé par crise cardiaque des suites de l’inhalation de gaz lacrymogènes toxiques alors qu’il est asthmatique et de son passage à tabac par les forces de l’ordre à l’occasion de la répression de la manifestation spontanée contre l’arrestation de l’imam Alassani DJOBO.
21 décembre 2017 :
Abdou Moumouni KONDO, décédé des suites de ses blessures mortelles par des éclats de grenades offensives abandonnées par les militaires sous les murs de son domicile et qui ont explosé lorsqu’il les a malencontreusement incendiées.

2. BLESSES A SOKODE
5 octobre 2017 :
Arafat IDRISSOU, élève, envoyé faire des courses pour sa mère et sa tante en moto lorsque, au grand carrefour de Sokodé, communément appelé « Rondpoint Y », il a été arrêté par des militaires qui, après avoir arraché des branches des arbres au bord de la route, ont voulu le tabasser, le poussant à prendre la fuite. Après voir lancé ces bâtons dans les roues de sa moto pour provoquer sa chute, ces militaires l‘ont sauvagement bastonné, à coups-de-poing et de bâtons puis, se saisissant de lui, l’ont trainé sur le goudron, lui causant de graves blessures au visage et aux oreilles jusqu’à ce qu’il s’évanouisse. Ce ne fut que le lendemain, vers 10 heures, qu’il a repris connaissance au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Sokodé où on lui a appris, à son réveil, que les sapeurs-pompiers, qui l’ont conduit à l’hôpital, ont mensongèrement prétendu qu’il avait fait un accident de circulation. Victime de la barbarie et des atrocités des soldats qui l’ont copieusement passé à tabac, laissant son visage tout couvert de sang, il a été admis le lendemain au bloc opératoire où des points de suture lui ont été faits à l’oreille.
Loukman ALFA-GANI, 27 ans, maçon-carreleur, pourchassé par des militaires lors de la répression de la marche du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé, le 5 octobre 2017. Rattrapé, il a été sérieusement molesté par les militaires qui lui ont cassé le bras gauche, qui a dû être plâtré au CHR de Sokodé, le 7 octobre 2017.
Bilali TCHAGNAO, 21 ans, apprenti maçon-carreleur, passé à tabac vers la cathédrale de Sokodé par des militaires qui lui ont donné de violents coups de bâtons à la tête lors de la répression de la marche pacifique du 5 octobre 2017 du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé, admis pour soins au CHR de Sokodé.
Rabiou AGRIGNA, 14 ans, élève en classe de 4ème, passé à tabac vers la barrière, non loin du commissariat de police de Sokodé par des militaires qui lui ont donné de violents coups de bâtons au dos, lors de la répression de la marche pacifique du 5 octobre 2017 du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé, admis pour soins au CHR de Sokodé.
Sanounou TCHADJOBO, 18 ans, élève en classe de 3ème, blessé par des tirs de balles en caoutchouc à l’œil droit et à la tête lors de la répression de la marche pacifique du 5 octobre 2017 du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé, admis pour soins au CHR de Sokodé
Ci-contre à droite : la balle en caoutchouc extraite de l’épaule de Sanounou TCHADJOBO lors d’une intervention chirurgicale ; celle l’ayant touché à la tête n’a pas encore pu être extraite.
Amza MOROU, 35 ans, chauffeur de taxi, marié et père de 3 enfants, marchait dans une rue de Sokodé lorsqu’il fut interpellé par des militaires qui l’ont sauvagement passé à tabac à l’aide de matraque et de bâtons lors de la répression de la marche pacifique du 5 octobre 2017 du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé. Il s’en est suivi une perte de connaissance d’environ trois jours. Admis pour soins au CHR de Sokodé, il s’est réveillé avec une impotence fonctionnelle du membre supérieur gauche et une douleur semi thoracique gauche, du membre inférieur droit.
Gnim BAKA, 22 ans, blessé à la tête et par balles à l’abdomen lors de la répression de la marche pacifique du 5 octobre 2017 du PNP et des partis de l’opposition à Sokodé.

16 octobre 2017 :
Djibililou ALAROU, 44 ans, veilleur de nuit au Grand Marché de Sokodé, passé à tabac au marché alors qu’il rentrait du travail à son domicile
Rouwassou OURO SALIM, passé à tabac par les militaires au quartier Kpangalam Zaire

17 – 18 octobre 2017:
Kanetou OURO–GNAO, femme enceinte sauvagement passée à tabac à son domicile, tard dans la nuit, par les militaires.

18 octobre 2017 :
Ousmane ABOUDOU, 27 ans et domicilié au quartier MACCA à Sokodé, passé à tabac par des militaires.
Issaka OMAR, 39 ans, blessé avec plaie au tibia gauche lors de son passage à tabac par des militaires.
Oubedou ISSAKOU, 19 ans, blessé par balles au dos au quartier DIDOURE.
Djibril ALASSANI, passé à tabac par les militaires à son domicile au quartier Zongo
Saradji TRAORE, malade mental, passé à tabac par des militaires vers le grand marché avec fracture du bras gauche, plâtré au CHR de Sokodé le 3 novembre 2017.
Malik OURO-LONGA, 17 ans, passé à tabac par les militaires à son domicile au quartier KOSSOBIO
Aliou KERIM, sauvagement passé à tabac par les militaires avec fracture et plâtré
Adriou OURO-IFA, blessé par balles au tibia.

26 octobre 2017 :
Amidou NABUDJA, sauvagement passé à tabac par les militaires

7 novembre 2017 :
Illiassou AMADOU, passé à tabac par les militaires au point de départ de la marche pacifique de ce jour.
Solah OURO-SAMA, atteint par balles en pleine manifestation
Djalilou AMADOU, circulait à moto au quartier Komaha lorsqu’il s’est fait arrêter par les militaires qui l’ont sauvagement passé à tabac avant de déverser sur lui de l’huile à moteur de vidange.

1er décembre 2017 :
Tafa OURO-TAGBA, notable du chef de Komah, arrêté par des militaires au retour de chez son mécanicien, emmené au camp militaire de Komah, pour bruit relativement fort de sa moto, les militaires l’accusant d’avoir tiré sur leur capitaine qui était pourtant dans son bureau au camp, alors que le malheureux n’avait aucune arme sur lui.
Zouberatou KORODOWOU, arrêtée par les militaires qui lui reprochaient de ne les avoir pas salués alors qu’elle allait chercher à manger au bar DC 10 de Sokodé. Conduite dans les locaux du Tribunal de 1ère Instance de Sokodé, elle y a été sauvagement passée à tabac avec hématomes au dos, sur les fesses et coups au sein droit ayant occasionné la formation de nodules.
Soumaila ZAKARI, menuisier 33 ans, blessé par balles

A Kara :
Dans la matinée du 19 août, les points de rassemblement de la marche pacifique qui devait partir du Carrefour Campus, des Affaires sociales, du Centre communautaire de Kara (CCK), avaient été pris d’assaut par des miliciens du parti au pouvoir. Ces derniers, qui opéraient sous la conduite de leur meneur, Kpatcha BATCHA, communément appelé Hilaire, président de la section locale de l’USYCORT (Union des syndicats des conducteurs routiers du Togo), s’attaquaient systématiquement à tous ceux qui convergeaient vers les points de rassemblement des manifestants à qui ils allaient jusqu’à arracher les téléphones portables en leur disant d’aller les retirer chez le Colonel-Préfet BAKALI.
Le travail de sape des miliciens une fois fait, les forces de l’ordre entrèrent en action en tirant des grenades lacrymogènes sur les manifestants pour les disperser.
Le chef milicien Kpatcha BATCHA poursuivra sa campagne de terreur contre les populations en s’arrogeant en toute illégalité des droits démesurés que ne lui donnait en aucun cas son statut de simple responsable de l’une des organisations syndicales de conducteurs de véhicules de transport en commun.
C’est ainsi que, le 19 août, il prétendit avoir « saisi » un véhicule de transport en commun au motif qu’il avait convoyé les manifestants de Kétao à Kara, véhicule qu’il garda par devers lui jusqu’à ce qu’une requête adressée à la CNDH en obtienne la restitution à son propriétaire.
De plus, pendant toute cette terrible période où fut organisée la chasse au PNP et à ses militants, il décréta, d’une part, l’interdiction aux racoleurs œuvrant sur les parcs de stationnement de la ville de charger les véhicules de transport des chauffeurs indexés comme étant proches du PNP dont le surnommé « Lampad » et, d’autre part, une augmentation arbitraire des taxes de stationnement qu’il porta de 2 500 F jusqu’à 3 000 – 5 000 F CFA par véhicule.
Il chassa également les revendeuses de nourriture de l’enceinte de la Gare routière Kara-Lomé au motif qu’il les soupçonnait d’être des sympathisantes du PNP dont il ne cessait d’accuser par ailleurs tous les chauffeurs d’âtre membres.
Plus gravement, il se crut autorisé à contraindre, par d’incessantes menaces, plusieurs personnes à quitter la ville de Kara pour un exil hors du Togo.
En dehors du chef milicien Kpatcha BATCHA, il y a lieu de relever, parmi tant d’autres, des cas flagrants de violations des droits personnels qui ont été commis, par abus d’autorité, à l’encontre de certains citoyens, mettant en cause notamment :
— le Chef de canton de Pya qui a convoqué le dénommé Litaba pour lui intimer l’ordre, en toute illégalité, de quitter la localité de Pya, tout simplement parce qu’il était notoirement connu comme étant un militant du PNP ;
— des propriétaires de maisons qui ont congédié, en toute illégalité, leurs locataires au motif qu’ils les soupçonnaient d’être membres du PNP ;
— des militaires qui ont poursuivi la répression jusque dans les maisons, à Kara-Sud, à l’entrée de la ville venant de Bafilo, quartier situé près du Campus et considéré comme étant un fief du PNP ;
— des militaires qui, après avoir sauvagement passé à tabac le responsable chargé à l’information du PNP, Abdou OURO-KOURA, lui ont retiré son téléphone portable qu’ils lui ont demandé d’aller retirer chez le Colonel-Préfet BAKALI ;
— des militaires qui ont menacé et intimidé l’imam WACHIOU de la mosquée située près du Campus universitaire de Kara parce qu’ils le soupçonnaient d’être un militant du PNP.

Le 20 janvier 2018, la marche pacifique des femmes vêtues de noir appelée par les femmes de la Coalition des 14 partis de l’opposition est victime d’une attaque par des miliciens proches du parti au pouvoir qui, armés de bâtons et de gourdins, l’ont dispersée dès le point de départ.

Les victimes de Kara :
7 janvier 2018 :
Balakiyem EGNAMA, secrétaire général du PNP-Kara, blessé à la lèvre et aux mains après et à la main suite à son passage à tabac par des miliciens de l’UNIR/RPT qui ont agressé la réunion du bureau fédéral Kara du PNP.
Alasa ALLASSANI, conseiller du PNP-Kara, blessé à l’oreille et écorché sur tout le corps après avoir été traîné par terre lors de son passage à tabac par des miliciens de l’UNIR/RPT qui ont agressé la réunion du bureau fédéral Kara du PNP.

A Bafilo :
Fief du PNP, Bafilo est une ville où les manifestants affluent, venant des villages environnants comme Soudou pour les marches qui partent généralement de la place de l’indépendance.
Ce fut lors de la marche pacifique du 7 septembre, qui fut dispersée pour un problème d’itinéraire, que deux jeunes gens furent arbitrairement arrêtés le soir, dans la rue, ce qui provoqua des affrontements avec les forces de l’ordre.
Lors de leur procès, l’un d’entre eux sera libéré parce qu’il apporta la preuve qu’il n’était pas à Bafilo ce jour-là. Quant à l’autre, il fut condamné à 12 mois d’emprisonnement et 500 000 F d’amende.
Depuis ces arrestations du 7 septembre, les militaires bérets rouges ont été déployés à Soudou pour organiser la terreur et empêcher les militants du PNP d’y tenir des réunions.
La marche pacifique du 20 septembre a été interdite à Bafilo parce que les gendarmes prétendaient qu’ils n’avaient reçu aucune instruction leur confirmant que la marche était autorisée. Finalement, après de longs conciliabules, le problème fut réglé et la marche démarra, encadrée par les gendarmes jusqu’à l’intersection de la voie de contournement et de la route de Kara.
A cet endroit, des gendarmes cagoulés, venus de Kara posèrent à nouveau le problème de l’itinéraire. A peine avait-on commencé à parlementer que ces gendarmes commencèrent à tirer des grenades lacrymogènes sans discussion avec leurs collègues qui encadraient la marche et qui essuyèrent, eux aussi, les tirs de grenades à fragmentation. On releva près d’une centaine de blessés occasionnés surtout par des éclats de grenades.
Après cette première vague répressive qui mit en action les gendarmes, on fit appel aux militaires bérets rouges de Kara qui débarquèrent et, entrant dans les maisons, se mirent à passer à tabac leurs habitants qui n’eurent d’autre choix que de s’enfuir pour aller se réfugier en brousse.
Ce fut lors de cette bastonnade que Rachad AGRIGNA fut grièvement blessé. Après avoir reçu les premiers soins sur place au CHP de Bafilo, avec six autres blessés dont les cas étaient critiques, tous furent évacués, vers 16H, sur le CHR de Sokodé.
Le lendemain, 21 septembre, deux autres cas critiques furent recensés dont celui du jeune enfant Abdel-Aziz ZATO qui, blessé par balles au ventre, fut découvert dans la brousse, ramené au CHP de Bafilo d’où il fut immédiatement évacué sur le CHR de Sokodé.
Parmi ces huit cas critiques au total, un a été opéré avec succès dans la journée du 21, le 22 septembre au matin, vers 7 heures, Rachad AGRIGNA fut admis au bloc opératoire pour une intervention chirurgicale qui dura jusqu’à 14H où il rendit l’âme, les médecins déclarant que les balles qui l’avaient atteint avaient touché des organes vitaux et qu’il avait perdu beaucoup de sang. Ce fut d’autant plus la stupeur qu’il paraissait jusque-là bien résister à ses blessures à son arrivée et encourageait même les autres blessés avec lesquels il avait été transféré de Bafilo à Sokodé.
Devant cette tragédie, après avoir été soignés, les autres blessés ont été libérés.
Trois autres jeunes, enlevés à leur domicile par les militaires bérets rouges venus de Kara ont été conduits sur la cour de l’Ecole islamique du quartier Wawandè où ils ont été cruellement passés à tabac.
Deux d’entre eux, après avoir été sérieusement battus, furent confiés aux gendarmes qui les ont enfermés à la Gendarmerie de Bafilo d’où ils ont été déférés à la Prison civile de Kara, avec deux autres manifestants venus de Soudou et arrêtés, dans la nuit du 21, ensemble avec le troisième des jeunes qui avaient été enlevés à leur domicile par les militaires, et dont le pied avait été fracturé, soit cinq au total. Le 22 septembre, vers midi, parce qu’il saignait abondamment du pied, il fut conduit au CHR de Kara où, après avoir reçu des soins, il fut plâtré et libéré.

Lors de l’arrestation à Sokodé de l’imam Alassani DJOBO, dans la nuit du 16 au 17 octobre, il y eut à nouveau une explosion sociale à Bafilo dès que la population en fut informée, explosion à laquelle le régime répondit avec une brutalité qui poussa les habitants à fuir dans la brousse pour s’y réfugier.
Puis, le 22 octobre, à Bafilo, à 3 heures du matin, survint l’enlèvement à son domicile, par des gendarmes venus de Kara s’éclairant d’une lampe torche, de l’imam Abdou Wahid BABAYI qui fut conduit à la Gendarmerie de Kara.
Alors que sa famille le cherchait en vain les premiers jours, ce ne fut que le 26 octobre, avec l’amplification des cris d’alarme sur son enlèvement qu’il fut déféré à la Prison civile de Kara.
Sous la pression des campagnes nationales et internationales dénonçant son arrestation et sa détention arbitraires, il fut libéré sans jugement, ensemble avec l’imam Alassani DJOBO, le 2 décembre 2017.
Le 5 novembre, alors que les jeunes militants du PNP de Bafilo se préparaient pour la marche pacifique du surlendemain, le 7 novembre, en faisant un footing le matin, ils croisèrent le cortège du Premier ministre qui rentrait sur Lomé venant de Kara, sans qu’il n’y ait eu d’incident. Pourtant, des militaires du Camp voisin de Kpéwa, estimant qu’ils avaient fait un affront au Premier ministre, se sont déchaînés sur un groupe de ces jeunes qu’ils ont sauvagement tabassés alors qu’ils rentraient dans un village voisin d’où ils étaient venus pour ce footing.

Les victimes de Bafilo :
22 septembre 2017 :
Rachad MAMAN AGRIGNA, élève de 16 ans en classe de 3e, décédé au CHR de Sokodé des suites de ses blessures par balles lors de la répression de la marche pacifique appelée par le PNP et les partis de l’opposition démocratique, deux jours plus tôt, le 20 septembre à Bafilo. Malgré l’intervention chirurgicale qui a été faite pour le sauver, il n’a pas survécu à ses graves blessures

Les blessés à Bafilo
20 septembre 2017 :
Mounira Abdoulaye GUEFE, blessée par balles ; Aboubakar ZATO, 30 ans, blessé par balles par les militaires à Bafilo, évacué au CHR de Sokodé le 21/09/2017 pour des soins intenses.
Abdel-Aziz ZATO, jeune garçon grièvement blessé par balle à l’abdomen, retrouvé dans la brousse le lendemain, 21 septembre, après la répression barbare de la marche pacifique appelée par le PNP et les partis de l’opposition.
Amdane ALI MADJAYE, bachelier de 23 ans, blessé par balles par les militaires à Bafilo, évacué dans la soirée au CHR de Sokodé pour des soins intenses.
N’zotou DJIBRIL, blessé par balles à l’abdomen par les militaires, évacué dans la soirée au CHR de Sokodé pour des soins intenses.
Samadou SAMA, élève de 16 ans, en classe de 3ème, blessé par balles par les militaires, évacué dans la soirée au CHR de Sokodé pour des soins intenses.
Saibou ALASSANI, blessé par balles ; Samsoundine TCHANILE, blessé par balles. Fousseni ALI et Sanounou BAWA, blessés par balles.
Moussouloumi ALASSANI, blessé par balles.
Inoussa FOUSSENI, blessé par balles.
Bastou TCHANI ABDOU, blessé par balles.
N’DJIROU, blessé par balles ; Kamalodine OURO-AKPO, blessé par passage à tabac avec fracture à la jambe gauche, déféré à la Prison civile de Kara dans la nuit du 21/09/2017 après garde à vue à la gendarmerie de Bafilo. Libéré le 22 septembre avec sa jambe droite plâtrée.
Chawal TCHAKONDO 
Wahabou MOHAMAM 
20 octobre 2017 :
Alassane OURO-SALIM, notable du chef du quartier Salimdè, passé à tabac par les militaires à la Mosquée de son quartier, pendant la prière de 5H du matin, avec de graves blessures à la tête.
5 novembre 2017 :
Salami KOURA, blessé lors de son passage à tabac par les militaires à Dikodè, canton d’Aledjo Kadara au retour du footing annonçant la marche du 7 novembre à Bafilo.
Arissou OURO-GNENI, blessé lors de son passage à tabac par les militaires à Dikodè, canton d’Aledjo Kadara au retour du footing annonçant la marche du 7 novembre à Bafilo.

Il est grand temps que le régime RPT/UNIR et son clan au pouvoir depuis le 14 avril 1967 jusqu’à ce jour cesse une fois pour de bon les maltraitances, violations des droits de l’Homme, tortures et assassinats des citoyens. Nous sommes tous les filles et fils de cette Nation, et la Terre de nos Aïeux nous appartient tous. Le peuple togolais aspire l’alternance, la démocratie, la liberté d’expression, la libre circulation du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Il faut savoir que le Togo n’est pas un bien, ni une propriété privée d’une famille et son clan.

La Nouvelle