Les producteurs de Tomates togolais doivent-ils craindre pour la perte complète du marché nigérian ? C’est la grande interrogation que cette information suscite dans les esprits, surtout que depuis la fermeture des frontières du Nigeria avec le Bénin voisin, il a fallu une intervention de l’Etat à travers diverses structures pour écouler le stock de tomates existant et encore aux mains des producteurs togolais de tomate, et que dans le prolongement, c’est « le programme Anchor Borrowers créé en 2015 par le président Buhari » et qui « a pour objectif de créer un lien entre les transformateurs et les petits exploitants agricoles grâce à la fourniture d’intrants agricoles afin de stimuler la production, stabiliser l’approvisionnement des transformateurs et remédier à la balance des paiements alimentaire du pays » qui semble prendre le relais pour fournir au marché nigérian en tomates en faisant cultiver « 10 000 hectares de terres irrigables par 10 000 producteurs de tomates de l’État de Kano lors la saison sèche 2019 ».

Selon nos confrères de Commodafrica.com, porteurs de cette information, autre précision apportée par le président de l’Association des producteurs de tomates du Nigéria (TOGAN), Alhaji Sani Danladi-Yadakwari, « les 10.000 producteurs de tomates vont bénéficier de prêts ainsi que de plants de tomates : Après avoir planté les plants, les agriculteurs recevront ensuite des engrais et d’autres intrants, aucun agriculteur n’étant censé en disposer ». C’est la même association qui aura en charge de vérifier auprès des agriculteurs afin de constater si les intrants n’étaient pas détournés.

Enfin, pouvait-on lire dans les colonnes de nos confrères précités, « la tomate dans l’Etat de Kano a pris un nouveau virage en avril dernier avec la réouverture – après deux années d’interruption – de l’usine Dangote (Lire : L’usine de concentré de tomate de Dangote redémarre après deux ans d’arrêt), la plus grande usine de transformation de tomates en concentré d’une capacité de 1 200 tonnes de concentré par jour. Un évènement lors duquel le directeur général de Dangote Farms Ltd, Abdulkareem Kaita, a déclaré : « Notre principal défi est la rareté de la tomate […] Les producteurs de tomates locaux ne pouvaient pas satisfaire notre demande de production ». Une problématique qui semble être prise en compte par l’action du programme Anchor Borrowers envers les 10 000 producteurs de l’Etat de Kano. Une action d’autant plus indispensable que le Nigeria a entièrement fermé ses frontières terrestres (Lire : Toutes les frontières terrestres officiellement fermées au Nigeria) et ne peut donc plus bénéficier des tomates chinoises, togolaises et béninoises notamment. La place est donc libre afin que la tomate devienne « l’or de Kano », comme l’espérait le Nigérian Aliko Dangote ».

En tout cas, si tel doit être le cas et que la filière tomate du Togo doit se passer de son débouché nigérian, il y a lieu donc pour le Togo et les acteurs du secteur de penser sérieusement à amplifier les démarches quant à la transformation locale si tant est qu’on souhaite les producteurs de tomates au Togo poursuivre leurs activités.