«  »La réparation, c’est un pas de plus vers un Togo réconcilié » », c’est l’une des convictions fortes du HCRRUN (Haut Commissariat à la Réconciliation et au Renforcement de l’Unité Nationale) et plus avant lui, des autorités togolaises qui ont institué cet haut commissariat.

Dans la dynamique de mise en oeuvre de son agenda de réparation des victimes de violences socio-politiques au Togo, le HCRRUN dirigé par Awa Nana Daboya, a officiellement lancé ce Samedi à Djéréhouyé à 11km au Nord d’Atakpamé, le volet des réparations communautaires et collectives. Ce fut à travers une cérémonie qui a connu la participation des autorités administratives de la préfecture de l’Ogou, et des victimes et des populations des localités environnantes.

S’adressant à l’assistance au rang de laquel, il y avait les têtes couronnées du milieu et des populations bénéficiaires de ce première réparation communautaire et collective, la présidente du HCRRUN a salué la confiance placée en son institution par les populations.

«  »En 18 mois d’opération, plus de 7000 victimes ont été couvertes. Ceci nous encourage à travailler sur les recommandations de 2014. C’est sur la ressource des 5 milliards de F cfa alloués que le HCRRUN aura à accomplir ce volet de réparation communautaire et collective » », a-t-elle informé. Les bénéficiaires seront, d’après Mme Daboya, des groupes sociaux, entités ethniques… collectivités qui ont été victimes de ces violences sociopolitiques, dont la cohésion a été entamée. Il y sera exécuté des projets d’ordre, socio-économiques, culturels, socio-éducatives et religieux, a-t-elle assuré.

Elle a appelé les populations à dépasser leurs divergences. «  »La mise en oeuvre de ces réparations ne sera pas que l’affaire du HCRRUN mais nécessite une adhésion des populations. Populations de Djéréhouyé, le HCRRUN vous a compris » », avait-elle lancé. Mme Daboya dit avoir pris note des doléances pour l’école de Djéréhouyè, doléances formulées à la suite d’une séance de travail préalablement effectuée avec des représentants des populations. Cette école, selon la promesse de la présidente du HCRRUN, «  »aura bientôt un nouveau visage » ». Il y sera construit un nouveau bâtiment, a-t-elle informé avant de poursuivre que les autres doléances portant entre autres sur le marché de la localité seront prises en compte.

Représenté, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Payadowa Boukpessi, a fait transmettre le message selon lequel, son département ministériel sera «  »toujours aux cotés du HCRRUN pour ce programme » » et a convié «  »les préfets et élus locaux à accompagner le HCRRUN à la réussite de ces réparations » ».

Associé à cette cérémonie de lancement du volet des réparations communautaires et collectives, Mgr Nicodème Barrigah, ancien président de la CVJR (Commission Vérité-Justice et Réconciliation), a fait constater dans un premier temps qu’il c’est «  »un travail remarquable que le HCRRUN est en train d’accomplir dans la mise en oeuvre des recommandations des de la CVJR quant aux réparations et indemnisations des victimes » ». Et pour ce qui est de ce nouveau volet des réparations, il a jugé que «  »c’est un pas assez important vers la réconciliation des fils et filles de ce pays » » qui est en train d’être posé. Pour Mgr Barrigah, «  »c’est à des coeurs collectifs que vous (Mme Awa Nana, présidente du HCRRUN, ndlr) vous adressez désormais. Une façon de leur dire qu’ils comptent beaucoup pour la réconciliation et le développement du Togo » ». S’il est d’avis que le HCRRUN fera face à différentes visions et des contradictions différentes, il dit être convaincu que le HCRRUN et ses commissaires y parviendront. Si le prélat s’est réjoui du choix porté sur le village de Djéréhouyè pour lancer cette phase de réparation, bien que le cas de cette communauté ne soit pas connu de la CVJR, il trouve que c’est bien pensé d’insérer ce problème de conflit de chefferie entre les communautés Wourou, Kabyè et Losso, dans ce programme de réparation. Il s’agit d’après l’Archevêque d’Atakpamé, «  »d’une ouverture à saluer » » et a formulé l’invitation de différents acteurs qui pourront aider à régler ce problème, en lançant un Appel à un esprit d’apaisement et de collaboration des populations.

Pour sa part, le Préfet de l’Ogou, a souhaité «  »que cette phase guérisse les coeurs blessés dans cette localité » ». Il est certes vrai qu’on ne peut pas indemniser chacun individuellement, mais la phase collective est importante pour asseoir une vraie réconciliation entre les coeurs meurtris et permettre à tous d’oeuvrer pour la construction du Togo.